Abbonez-vous aux parutions Politikart. Entrez votre adresse e-mail:

Médecins du Monde dénonce les évacuations des Roms

Publié par Tessa Ivascu. | lundi, septembre 24, 2007 | Vos commentaires

Dehors les Roms ! C'est la Coupe du monde de rugby !
. Entretien avec Michèle Mézard,
Médecins du Monde
.
.
SEINE-SAINT-DENIS / La « Mission Roms » de Méde-cins du monde a débuté en 1992. Pédiatre, Michèle Mézard en a été la responsable de 1994 à 2005. Aujourd’hui encore, elle arpente le terrain pour soigner des enfants qui vivent aux portes de Paris dans des bidonvilles où règne l’insalubrité. Début septembre, l’ONG a dénoncé l’évacuation de plusieurs camps qui faisaient désordre autour du Stade de France. Le déplacement de ces populations rend plus difficile l’action humanitaire. .
Entretien en photos par Myriam Léon
. .
Pourquoi avoir mis en place une aide spécifique aux Roms ?
Environ 600 Roms vivaient alors près de Nanterre. La DDASS du 92 a demandé à Médecins du Monde d’aider au dépistage des maladies infectieuses et chroniques, à la vaccination... Nous avons mis en place la Mission Roms. Puis, ils ont été chassés de terrain en terrain. Aujourd’hui, ils sont entre 1 500 et 2 000 en Ile-de-France.
Comment évolue leur situation ?
La majorité vient de Roumanie. Depuis le 1er janvier 2007, les Roumains sont citoyens européens. L’an dernier, sur 25 000 expulsions, il y avait 6 000 Roumains. Pour atteindre ses quotas, la stratégie gouvernementale, récemment exprimée par M. Hortefeux, est de trouver une solution pour les renvoyer quand même dans leur pays.
Quel lien entre les évacuations de campements et la Coupe du monde de rugby ?
Fin août, les terrains se situant dans le périmètre du Stade de France ont été systématiquement évacués. En particulier, le grand bidonville de 600 à 700 personnes rue Campra.
Qu’est-ce que ça change ?
Notre travail consiste à les aider à accéder aux soins, à vacciner les enfants pour qu’ils puissent aller à l’école, à mettre en place des mesures de préventions pour les femmes enceintes. Ces actions sont liées à un secteur géographique, nous les orientons vers les structures de soins les plus proches, nous les inscrivons à l’école. Quand il y a expulsion, tout est coupé, on ne sait plus où les retrouver. Souvent, ils partent précipitamment et les carnets de santé sont perdus. Quand une vaccination est interrompue, il faut tout reprendre à zéro. Sans compter les éventuels problèmes de tuberculose qui supposent un suivi médical.
.

.

Vous rencontrez des malades de la tuberculose ?

Beaucoup. Cette maladie est très présente en Roumanie, mais elle est surtout encouragée par leurs conditions de vie. Dans ces bidonvilles, il n’y a ni eau, ni sanitaire. Malgré tout, la plupart souhaitent y rester. Ils s’y sentent plus en sécurité que dans leur pays. Le racisme en Roumanie est incomparablement plus fort que celui qu’ils rencontrent en France.

Pourquoi travaillez-vous principalement sur le 93 ?

Dans le 92, il n’y a quasiment plus de Roms. Dans le 94, il reste un petit bidonville près de Créteil. Le Conseil général du Val-de-Marne a pris des positions très fortes en faveur des Roms : les familles sont hébergées, certaines dans une ancienne gendarmerie, d’autres à l’hôtel. Avec l’association « Pour loger », un programme a été mis en place pour les accompagner vers l’accession au logement. Cette politique est soutenue par une mobilisation citoyenne. Dans le 93, je cherche des appuis depuis des années et je n’en trouve pas. Ce département compte de multiples formes de misère, dont environ un millier de roms. Des programmes MOUS (maîtrise d’œuvre urbaine et sociale) ont été lancés. Ils touchent 90 personnes. C’est déjà ça, mais les autres restent dans le dénuement le plus total.

Abonnez-vous / Communiquez / Partagez cet article :

Newsletter Fil RSS Politikart PARTAGEZ :

Vous aimerez aussi :

Votre commentaire est précieux !
Soyez le premier à réagir !