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Le Grand Paris vaut-il bien un Sdrif?

Publié par Tessa Ivascu. | lundi, octobre 15, 2007 | , | Vos commentaires

Jean-Paul Huchon et Mireille Ferri L'enquête publique sur le Sdrif s'ouvre sur fond de bras de fer Sarkozy-Huchon
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ILE-DE-FRANCE / Le long fleuve agité du projet de Schéma directeur de l'Ile-de-France (Sdrif) est parvenu ce 15 octobre à l'ouverture de l’enquête publique, qui durera jusqu'au 8 décembre. Dès son élection, Nicolas Sarkozy avait vivement critiqué le projet, tout en avançant le pion du « Grand Paris » dans la bataille. Il savait bien que les patrons socialistes de la capitale et de la Région étaient divisés sur le sujet (le maire Bertrand Delanoë est pour, le président Jean-Paul Huchon, contre). M. Sarkozy a donc misé autant sur la décrédibilisation de M. Huchon que sur la brouille qu’il pourrait faire naître entre lui et le maire de Paris. Par Tessa Ivascu
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Ce qu’il ignorait, c’est la capacité des deux élus PS de taire leurs divergences pour mieux faire front commun. Alors, le pouvoir ira-t-il à l'affrontement, en bloquant le Sdrif, pour pousser volontairement l'Ile-de-France à une crise sans précédent de l’action publique ? A moins que les résultats de l’enquête ouverte aujourd’hui ne poussent les adversaires à chercher un compromis.Suite...
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C'est l'Etat qui aura le dernier mot, en acceptant ou non de transmettre le schéma au Conseil d'Etat pour validation. Rappelons que le Sdrif doit fixer les grandes orientations du développement économique et urbanistique de l'Ile-de-France à l'horizon 2030. En 2004, la Région avait décidé de réviser le Sdrif actuel, qui devait aller en principe jusqu'en 2015. Le projet bâti par Mireille Ferri, vice-présidente (Verts), fut adopté par la Région le 15 février. Mais, dès son élection, le président la République, relayé par son Premier ministre, a vivement critiqué ce texte, inadapté selon eux à l’envergure de l'Ile-de-France et à la place qu’elle devrait occuper dans la compétition internationale. On se souvient, le 26 juin, en inaugurant le nouveau terminal de l'aéroport de Roissy, N. Sarkozy a déploré l’absence de « cohésion » d’une région qui a des difficultés de croissance. L’avenir, selon lui, passe par l'idée du « Grand Paris » et par un nouveau chantier du Sdrif. François Fillon c’est donc empressé de sommer le Conseil régional, présidé par Jean-Paul Huchon (PS), de suspendre la procédure en cours et revoir sa copie, dans le sens des souhaits de M. Sarkozy. Sous peine de stopper la transmission du texte au Conseil d'Etat. En septembre, le préfet de la région Pierre Mutz mettait son grain de sel en rappelant ses « fortes réserves ». Ce qui n’a pas empêché l'enquête publique de démarrer à la date fixée par M. Huchon. Les divergences gauche-droite et les diverses « réserves » des uns et des autres cachent une opposition frontale sur la question des inégalités territoriales et sociales. L’entrée du mythique « Grand Paris » dans les débats a brouillé encore un peu plus les pistes. Le président de la République savait bien que les patrons socialistes de la capitale et de la Région sont divisés sur le sujet (M. Delanoë est pour, M. Huchon, contre). Il savait aussi qu’il serait plus difficile à terme de se débarrasser du premier que du second.
Mais, si la première réaction de M. Delanoë aux propos présidentiels a été quasi-enthousiaste, il s’est empressé de changer de ton, en déclarant notamment : « Faire sans la région, c'est l'échec assuré ». De son côté, Jean-Paul Huchon a accepté le principe d'une structure propre au cœur d'agglomération. Alors M. Sarkozy pourrait bien renoncer aux finesses du jeu d’échecs en faveur d’un sport plus rude. En effet, le pouvoir pourrait bien aller à l'affrontement, en bloquant le Sdrif, pour pousser volontairement la région à une crise sans précédent de l’action publique. Dans cette hypothèse, l'enquête publique démarrée le 15 octobre est appelée à jouer, elle aussi, un rôle sans précédent. Ses résultats pourraient influencer les adversaires en présence dans le sens d’un compromis. La perspective des élections municipales et cantonales de 2008 pourrait faire office, elle aussi, de piqûre calmante.

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