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Christine Boutin, ministre de la ville n'y croit pas trop, à ce "plan banlieue", confie-t-elle aujourd'hui. Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, y croit (c'est son job), mais mise plutôt sur un "plan anti-glandouille" (le grand problème des banlieues c'est le spleen, c'est connu). Nicolas Sarkozy croit au report du lancement du plan banlieue et, de toute façon, n'est pas sûr de pouvoir être présent à l'évenement (Vaulx-en-Velin après les palais arabes, c'est pas bling-bling). Par Tessa Ivascu
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Aujourd'hui dans La Croix, Christine Boutin a créé l'émotion en déclarant : "Je ne crois pas en un plan banlieues, mais en une autre politique de la ville. Le plan 'Egalité des chances' de Fadela Amara est centré sur les banlieues. Moi, je crois en la réponse beaucoup plus globale d'une nouvelle politique de la ville".
Serait-elle quand même aux côtés de sa secrétaire d'Etat le 22 janvier pour la présentation du plan? "J'irai à Vaulx-en-Velin si Fadela Amara confirme cette rencontre." Eh oui, mais pourra-t-elle la confirmer? Et aura-t-elle le chef de l'Etat à ses côtés, comme prévu initialement?
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Chtistine Boutin : je le sens pas, ce plan...
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La secrétaire d'Etat à la politique de la Ville espérait détailler son projet le 22 janvier. Aujourd'hui elle compte seulement en présenter les grandes lignes. Un changement de programme qui semble traduire un flottement gouvernemental. Car la date du 22 janvier constitue déjà un report par rapport à une première date fixée pour la fin de l'année 2007. Or le 10 janvier, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il repoussait "au début du mois de février" ses décisions définitives. Et puis, "j'irai en banlieue", mais "pas forcément à Vaulx-en-Velin" (à Neuilly peut-être?).
Vanne à part, aussi bien Fadela que son "plan" semblent entrer dans une zone de turbulences. La secrétaire d'Etat s'était déjà attirée les critiques d'associations en mettant l'accent sur le désoeuvrement des jeunes des cités et en parlant de "plan anti-glandouille." Fatima Hani, secrétaire national de l'association AC le feu le faisait remarquer en décembre 2007 dans Libération : "On se retrouve avec quelqu'un qui nous parle d'ennui, alors que c'est une des mille conséquences des problèmes des quartiers."
Sans parler du récent rapport de la Cour des comptes dressant un bilan accablant de la gestion des fonds attribués par l'Etat aux banlieues depuis cinq ans : dysfonctionnements, retards de paiements aux associations, doublonage et lourdeur des dispositifs, inconstance des politiques successives, désengagement de l'Etat avant les émeutes...
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Rachid Kaci : la marche des Beurs mène à tout, même au siège de l'UMP. Avec "effort" et "volonté".
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Y a-t-il des chances pour que ça change? A la lumière des derniers propos de Sarkozy et Boutin, les doutes sont permis. Les associations doutent elles-aussi que les moyens financiers alloués à Fadela Amara, alors que "les caisses sont vides", dixit Sarkozy, soient à la hauteur du fameux "plan Marshall" promis par le candidat du même nom pendant sa campagne électorale.
Ah, mais l'argent n'est pas tout, retorque Rachid Kaci, ex-marche des Beurs, aujourd'hui conseiller de l'Elysée et meneur de la liste UMP à Nanterre pour les municipales. "Il faut investir dans l'humain", dit-il (tiens, ça faisait longtemps) et insuffler "la philosophie de l'effort et de la volonté." Faudra insuffler fort, alors !

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