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"Offre d'emploi acceptable" : qui sait ce que c'est?

Publié par Tessa Ivascu. | dimanche, janvier 06, 2008 | | Vos commentaires

NOTRE ARGENT Nicolas Sarkozy a affirmé cette semaine vouloir sanctionner les chômeurs qui refuseraient "deux offres d'emploi acceptables". Il établit ainsi le lien entre les "500 000 offres d'emploi" non pourvues et la légitimité du refus d'une offre par le demandeur d'emploi. Les syndicats et les associations de chômeurs ont vivement réagi.
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La CGT, qui avait réclamé en 2005 une définition plus précise de l'OVE - offre d'emploi valable -, souligne le passage du concept de "valable" à "acceptable" et note que "cela concourt à obliger les chômeurs à accepter des offres d'emploi en dessous de leur niveau de qualification, assorties d'une baisse de rémunération et de contraintes géographiques incompatibles avec la vie familiale".
Pour la présidente (CFDT) de l'Unedic Annie Thomas : "les possibilités de sanction existent déjà au premier refus, le problème n'est donc pas là : aujourd'hui, l'ANPE est dans l'incapacité de proposer deux offres d'emploi en adéquation avec les 2 millions de chômeurs." (L'ANPE confirme que le nombre des sanctions pour refus d'offre est infime : 2,4 %).
Dans la négociation sur la modernisation du marché du travail, le Medef a proposé d'intégrer "l'ancienneté dans le chômage" dans la définition de l'offre valable. Plus le chômage se prolongerait et plus les critères de l'emploi acceptable s'estomperaient. Cette "dégressivité" de l'emploi valable, "acceptable", "convenable" ou "approprié" est pratiquée dans plusieurs pays européens, selon des critères assez précis. En Italie, par exemple, le montant du salaire acceptable ne peut être inférieur de plus de 10 % au salaire antérieur. En Espagne, le temps de trajet ne peut excéder 25 % du temps de travail journalier ou les frais de transport excéder 20 % du salaire mensuel.
Mais en France, L'OVE reste à préciser. Dans la dernière convention de l'Unedic du 18 janvier 2006, les partenaires sociaux ont introduit une nouveauté : un allocataire de plus de 50 ans ou indemnisé depuis plus de douze mois qui accepte un emploi dont le salaire est inférieur "d'au moins 15 % à 30 % de son salaire journalier de référence" reçoit une aide "destinée à compenser la baisse de rémunération".
L'Unedic indique avoir dépensé 18,2 millions d'euros pour cette "aide différentielle de reclassement". Bon à savoir, car les Assedic n'en parlent pas volontiers.

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2 commentaires déjà ! Réagissez !

  1. Yann Doumeix // 6 janvier 2008 à 15:09  

    Le retour du père fouettard: sanctions contre les ministres, sanctions contre les chômeurs.


    Le calendrier 2008 prévoit des sanctions contre les chômeurs qui refuseraient «deux offres acceptables» d’emploi. Nicolas Sarkozy l'avait dit durant sa campagne. Il est honnête, il tient ses promesses.
    Selon Libération, ce n'est pas une nouveauté. En effet, la loi Borloo de 2004 et son décret d’août 2005 prévoit une échelle de sanction. Il semblerait qu'elles ne soit que peut appliquées. La cerise sur le gâteau c'est que Nicolas Sarkozy veut préciser les choses, et renforcer les sanctions. Il souhaite que les sanctions soient automatiques au bout de deux offres d'emploi refusées.

    Se pose la question de l'offre. Qu’est-ce qu’une «offre acceptable» ? Il semblerait que les éléments d'une offre acceptable en la matière soient constitués par la formation, l'expérience, les caractéristiques du bassin d'emploi, la mobilité de la personne, sa situation familiale. En tres autres. De fait, la notion d’«offre valable d’emploi» a été créée en 1934, par l’Organisation internationale du travail. Elle ne définit qu’un niveau de salaire sous lequel l’offre n’est pas «acceptable». On n'en est pas beaucoup plus avancé. Il est prévu une discussion préalable avec les partenaires sociaux qui permettra de le déterminer selon le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez.

    Nous aurons donc bientôt ce qu'est une "offre valable d'emploi". Il est probable que ce genre de mesure n'ai pour but que de faire diminuer les "chiffres du chômage".

    Pour autant, il semble nécessaire d'agir. A titre d'exemple, notons que la Cour des Comptes dans son rapport de l’année 2003, dénonçait le faible nombre de contrôles, la quasi absence de sanctions, la lourdeur administrative des procédures de contrôle, l’obsolescence du matériel mis à la disposition des contrôleurs. Je répéte: "obsolescence du matériel mis à la disposition des contrôleurs".

    Autre sujet, mais là encore il est question de sanctions. Et de Pères Fouettards. Alors, fouettons.

    Messieurs Fillon et Sarkozy ont confié le soin d'évaluer chacun des quinze ministres sur la base de trente indicateurs trimestriels peut on lire dans Le Monde du 4 janvier.
    Cette procédure est justifiée par la porte parole de l'UMP qui estime que "c'est une méthode qui s'inscrit en droite ligne de ce qu'a initié le président de la République lorsqu'il était lui-même ministre de l'intérieur".

    Il me semble pouvoir dire plusieures petites choses. Concernant la pertinence d'une évaluation, tout d'abord. Il est évident que les ministres d'un gouvernement engagent dans leurs actions des fonds publics. Qui vous appartiennent. Dans ce domaine, contrôler, pourquoi pas. Alors se pose la question de l'évaluation. Evaluer, c'est mesurer. Et on mesure en prennant des indicateurs. Il se trouve que parmi les indicateurs de l'action conduite par Brice Hortefeux, se trouvent le nombre de reconduite à la frontière. Soupirs...
    On pourrait aussi gloser parce que c'est une société de consulting privée qui s'est vu attribuer le marché. Au terme d'un appel d'offres?



    Mais ce n'est pas sur le fond que je souhaite aborder ces questions. Ce que cela révéle, c'est un état de la France.

    La France veut du Père Fouettard. Tiens, j'apprends sur Wikipedia que c'est un personnage du folklore de la Saint Nicolas. Ici, par Père Fouettard, on va entendre le père au sens le plus retrograde. Du bon père de famille du Code Civil, celui qui sans aucuns doutes va te mettre une bonne correction, et te faire comprendre, non, pardon, t'apprendre comment te comporter comme un homme. Comprendre, ce n'est pas la question. La France veut de l'autorité, du tangible et de l'innébranlable, du qui ne se discute pas, c'est génétique. Du quasi pouvoir absolu sous l'apparence du bon sens populaire. La France veut du pouvoir qui reprime.

    La France est comme un enfant sans parents, délaissée, orpheline de ses rêves de grandeurs. Ils ont étés multiples. On a vu successivement flotter celui des lumières, avec la liberté guidant le monde, les droits de l'homme. On a eu la force militaire. On a eu les colonies. Très pratiques pour exporter les soudards. Maintenant, force est de constater que la France est orpheline des chimères, d'illusions de puissance et d'aisance. Le travail de deuil n'est pas fait.

    Et puis la France, peut être plus encore celle de TF1, est celle des fantasmes. Comprenons fantasmes comme croyances populaires fondées sur un supposé bon sens.
    Brice Hortefeux s'est chargé de l'immigré qui vient de loin pour piquer ton travail et souillr ta fille.
    Il convient maintenant de s'occuper du chômeur qui profite indument des largesses du système d'indemnisation. J'ai lu sur un blog, bientôt on va dire lu sur un blog, ça fera de l' effet, que dans une émission de télévision un chômeur disait qu'avec ses allocations il partait souvent au Mexique. Bref.

    Pour ne traiter que de ses deux choses, le choix de l'action politique mené est clair: Les fantasmes sont pris en tant que tels, érigés en vérités. Ils deviennent objectifs. Rien n'y fera, ni montrer les révoltes dans des centres de rétention, montrer ce qui se passe à Sangatte. Ni inviter des représentants d'associations de chômeurs. Si, la télévision le fait. Pour montrer que nous vivons dans une société pluraliste dans laquelles les différents points de vue se confrontent (tous en choeur).

    Les fantasmes dictent l'action politique et incitent à faire du chiffre. De l'irrationnel, on passe à la froide arithmétique comptable. Mohamed, apppellons le comme ça, va vomir tripes et boyaux en étant fourré dans l'avion de retour, flanqué des chiens de garde que la République lui a filé. Oui, mais Madame Michu a peur. Peu importe ce que va trouver Mohamed en arrivant sur le tarmac. Madame Michu, elle, elle vote. Madame Michu, elle, elle regarde bien les informations, tout les jours. Madame Michu, ménagére de moins de cinquante ans, est l'objet de convoitise des politiques, même si, et oui, elle aussi est un fantasme. Alors, oui, secrétaire comptable de Narbonne, si tu ne veux ni aller travailler à EuroDisney faire les poubelles, ni faire du télémarketing, et bien tu sera sanctionnée. Et si ton ministre de tutelle ne s'applique pas à faire en sorte que l'administration fasse son boulot, il sera sanctionné. Le chômage doit passer sous la barre de 7,7 pour cents. Pas d'objections?

    Le choix d'une société démocratique, à mon sens, serait de faire appel à l'intelligence. De démonter les mécanismes de construction des fantasmes. Oui, il doit bien exister des parasites. Des gens qui glandouillent. C'est mal. C'est de l'argent public mal utilisé. Et alors?



    A mon sens, l'emploi des notions comme celles de sanction et notation sont des idées retrogrades, renvoyant à des notions très paternalistes, de toute puissance, de pouvoir absolu.

    Le terme sanction, à l'origine, était un terme juridique. Très rapidement, le nom respect d'une norme doit se traduire par une sanction. Mais la sanction est aussi l'acte par lequel une autorité valide ou invalide les actions d'une personne ou d'un groupe.
    Du point de vue éducatif, la sanction est complexe. Tout d'abord parce qu'elle est relative, aux normes de la situation sociale. Ensuite, même si elle découle d'une situation dans laquelle il y'a une relation hierachique, elle le renforce. La sanction renforce le caractère dominant du sanctionneur. Et puis, la sanction dévalorise le sujet. Le rapetisse devant l'autorité. Elle ne responsabilise aucunement.
    Pour autant, pour aller vite, la sanction peut être constructive, laisser imaginer d'autres possibilités. C'est ce qui est fait lorsqu'un enfant est puni, employons ce mot, mais qu'une discussion lui permet d'envisager des alternatives.

    Là, non. Les électeurs ont voulu du solide, du traditionnel. Que l'on imagine la scéne, avec trois entités: le sujet ayant eu un comportement fautif plongé dans un face à face avec l'autorité, avec en cercle la vindicte populaire.


    Le fait que les français aient votés pour un candidat se reclamant de cette lignée montre que l'électorat s'est montré infantile. Il est infantile parce qu'il veut se plonger sous l'ombre tutélaire du père tout puissant. Ceci dit sans discuter au fond de savoir si les offres concurrentes permettaient de faire un autre choix.

    Le doute, la crainte et la peur conduisent une conduite immature. Et poussent les plus fervent démocrates dans le placard du père fouettard. L'évaluation est un outil. Il est peut être dangereux qu'elle légitime le chiffre comme unique mesure et se donne les apparences d'une froide et indéniable vérité.

  2. 林东 // 13 juin 2016 à 03:59