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Nicolas Sarkozy annonçait le 8 janvier qu'il prévoyait la fin de la publicité sur les chaînes de télé publiques. Nous avons vu de quelle façon cette annonce a profité illico à TF1, dont le titre a bondi en Bourse. Voyons maintenant comment elle profitereait à Vincent Bolloré, vous savez, l'ami qui a toujours son jet privé à dispo pour que les vacances du président ne nous coûtent rien à nous autres. Par Tessa Ivascu
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L'homme d'affaires Vincent Bolloré s'est toujours fait un plaisir de prêter à Nicolas Sarkozy son jet privé pour ses vacances, à Malte ou en Egypte, dernièrement. Aussi bien le président que ses conseillers ont clamé que ces "cadeaux" ne coûtaient "rien au contribuable". Fin décembre, nous avons dit ici-même que le problème était plutôt : ce qu'ils allaient lui coûter.
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Prêter des jets privés permet d'acheter des chaînes publiques. En photo, le Falcon 900 EX de Vincent Bolloré, immatriculé F-HBOL. Copyright Ryan Paul Galea.
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Or le groupe Bolloré a beaucoup investi dans l'audiovisuel ces dernières années, lançant notamment sur le TNT la chaine Direct 8. L'annonce de Nicolas Sarkozy concernant la fin de la publicité sur le service public pourrait bien être le signal de départ d'une très grosse opération profitable à l'homme d'affaires.
Priver le service public d'un tiers de so budget, sans solution viable de compensation et sans garantie, reviendrait à limiter son périmetre d'action et, bien sûr, ses moyens. Perdre la pub, c'est perdre à terme Rolland Garros, le Tour de France, etc, donc son audience. Dans cette hypothèse, des chaînes du service public seraient à vendre - vraisemblablement France 2, qui absorbe 60% des recettes publicitaires de France Télévisions. Et les amis Bolloré et Lagardère seraient prêts à acheter.
Par ailleurs, dans une lettre envoyée en août 2007 à Christine Albanel, Nicolas Sarkozy soulignait que l'un des objectifs était la constitution d'un grand groupe audiovisuel de taille européenne. Là aussi, Lagardère ou Bolloré pourraient bien picorer des morceaux du service public pour constituer ce groupe. Quoi qu'il en soit, face à la rumeur croissante de privatisation de France 2, Christine Albanel à déclaré aujourd'hui sur Europe 1 : "Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour".
Pour l'instant.
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