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Un millier de membres des forces de l'ordre a déferlé sur Villiers-le-Bel aujourd'hui à l'aube, sous l'oeil d'une foule de journalistes prévenus de ce coup de filet faisant suite aux violences contre des policiers survenues fin novembre dans cette ville. Un show destiné à impressionner l'opinion de plus en plus hostile à Nicolas Sarkozy avant les municpales, dénoncent Ségolène Royal et François Bayrou. Pour Michèle Alliot-Marie, il s'agit de "fuites regrettables". Mais qui a envoyé un SMS pour prévenir la presse?
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La police judiciaire régionale, assistée par l'unité d'élite du Raid et la Brigade de recherche et d'intervention (BRI, l'ancienne "antigang"), a déboulé à Villiers-le-Bel à 6h ce matin. Les forces de l'ordre comptaient arrêter 37 suspects des violences des 25 et 26 novembre 2007. 102 policiers, dont un commissaire divisionnaire, avaient été blessés lors de ces deux nuits selon le parquet, la plupart par des tirs de fusil de chasse ou de pistolets à grenaille.
Selon le procureur Marie-Thérèse de Givry, ce matin des portes ont été défoncées après des sommations. Une manière forte utilisée "après mûre réflexion", même si la justice était "consciente du traumatisme dans des familles avec enfants".
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Mille policiers et moi, émoi...
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Parmi les 33 personnes gardées à vue, figure le frère d'un des jeunes tués lors du choc sur la mini-moto, a annoncé son entourage. Sa famille dit avoir été rudoyée par les policiers au moment de l'interpellation, alors que le procureur affirme que l'opération s'est déroulée "dans le calme". Le millier de policiers déployé et la présence de nombreux photographes et équipes de télévision ont suscité les critiques de l'opposition centriste et socialiste. Pour Ségolène Royal, l'opération est un "vieux réflexe de politique spectacle sécuritaire" de Nicolas Sarkozy pour masquer ses échecs en matière économique et sociale avant les municipales :
"Quand des caméras accompagnent des opérations policières massives en période municipale, je pense que c'est une façon d'influencer l'opinion, de vouloir faire peur".
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"Présence massive des médias dès 5h du matin"
"On ne doit pas mélanger la justice et la mise en scène. La justice, c'est fait pour obtenir l'arrestation et moins pour faire de la communication", a souligné François Bayrou.
L'Unsa-police, premier syndicat de police, a dénoncé pour sa part la "surmédiatisation" de l'opération. "On est en droit de s'interroger sur les raisons de cette présence massive des médias dès 5 heures sur les lieux de l'intervention", remarque le syndicat.
Face à ce nouveau ramdam sarkozien, Michèle Alliot-Marie s'est crue obligée de réagir : "Je regrette profondément que des fuites aient conduit à cette importante médiatisation. Et je le regrette sur le fond parce que cela pouvait représenter un obstacle. J'ai déjà lancé une enquête. Pour autant, arrêtons l'hypocrisie, nous devions interpeller des personnes qui avaient commis des actes graves".
Oui, arrêtons l'hypocrisie. Spécialistes des SMS en lousdé et des déployements de force surmédiatisés, dénoncez-vous!

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1 commentaire déjà ! Réagissez !

  1. Sam J. // 18 février 2008 à 22:54  

    Décidément, j'aime de plus en plus l'habillage de ce blog, entre choix des photos (ô combien elles en révèlent sur leurs sujets) et icônes de rubriques. Bravo !
    Sinon, sur le même sujet, un lien vers un autre blog que je fréquente, même si je ne suis pas toujours d'accord :
    http://dinersroom.free.fr/index.php?2008/02/18/798-persiflage-pour-persiflage