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Rassembler pour mieux vérouiller, c'est l'une des spécialités de Nicolas Sarkozy. C'est donc sous couvert de "rassembler" les différentes sensibilités de l'UMP que le président a validé hier un organigramme qui ouvre un boulevard à ses fidèles et planque dans une impasse les rebelles. Patrick Devedjian, secrétaire général du parti, se retrouve ainsi encadré par deux adjoints, les soldats sarkoziens fidèles Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet. Il nie avoir été placé sous haute surveillance : normal, il n'a pas le choix.
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Après moult secrètes tractations, Nicoléon Sarkozy a réuni hier à l’Elysée les capi UMP-istes pour les mettre devant ses choix accomplis : le Premier ministre François Fillon, les deux principaux dirigeants du parti, Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin, le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, Catherine Pégard, chef de la cellule politique de l’Elysée, Jérôme Peyrat, directeur général de l’UMP.
Selon la volonté nicoléonesque, Xavier Bertrand, ministre du Travail, devient secrétaire général adjoint, avec Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Frédéric Lefebvre, élu des Hauts-de-Seine et ami de 30 ans du président, se retrouve porte-parole avec les députés Chantal Brunel et Dominique Paillé. Parmi les cinq postes de délégués généraux, deux sont attribués aux ultra-sarkozystes Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, et Christian Estrosi, le maire de Nice, amateur de jets privés à 123 000 euros le vol.
Théoriquement toujours numéro un du parti, Devedjian se retrouve en configuration classique stalinienne, c'est à dire sous la haute surveillance des deux adjoints, ministres du gouvernement Fillon : Bertrand et Kosciusko-Morizet. Une punition qui fait suite à sa désignation par Patrick Balkany, frères d'armes de Sarkozy, comme bouc émissaire de la défaite aux municipales.
L'autre punition concerne Fillon. Le "chef de la majorité" voit enterrinée la promotion du premier ministrable Xavier Bertrand. Et retrouve ses amis relegués à des postes subalternes, pendant qu'à la tête du parti caracolent les ministres en veux-tu en voilà.
Pour mieux faire croire à l'illusion du "rassemblement", Nicoléon a jeté quelques os aux amis de Raffarin et Villepin, comme à Bruno Lemaire, qui est nommé "conseiller politique", ça ne mange pas de pain.
Conclusion : "Après avoir craché sur Chirac, Sarkozy fait du Chirac, en pire", selon un député UMP. Finis les regards critiques sur l'action du président, finies les guerres de succession ! Le parti s'exprimera désormais d'une seule voix. La paix règne.
Aujourd'hui, Patrick Devedjian, philosophe et langue de bois comme sa fonction encadrée l'exige désormais, confie au Figaro : "Je dois dominer ma susceptibilité, c'est le job ! L'UMP n'est pas une caserne". Il assure que Xavier Bertrand "est là pour m'épauler" et pas "pour me cadrer. "
Eh oui, on le sait : c'est en épaulant qu l'on devient épaulard.

Lire aussi : Devedjian réélu redevient copain des Balkany.

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