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Plan social au Quai d'Orsay

Publié par Tessa Ivascu. | mercredi, avril 02, 2008 | | Vos commentaires

Un diplomate sur quatre serait sous-employé par le ministère des Affaires étrangères, vient de révéler Le Figaro, sur la base d'un référé confidentiel de la Cour des Comptes de Philippe Séguin. D'ailleurs Bernard Kouchner s'apprête à mettre en place un plan de départs pour les hauts fonctionnaires de moins de 50 ans, avec à la clé un pactole, occtroyé par Eric Woerth, ministre du Budget, contre leur démission du Quai d'Orsay. Bon plan, c'est nous qui payons.
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Un plan destiné aux départs des diplomates de plus de 58 ans est déjà en cours au Quai d'Orsay. Et Kouchner, ministre des affaires étrangères, compte bien sur le ministère du Budget pour se voir attribuer des fonds destinés à un nouveau "guichet départs" : il concerne les diplomates de moins de 50 ans, sous-employés par le ministère, qui se verraient remettre un coquet bas de laine contre leur démission.
Un référé confidentiel de la Cour des comptes, consulté par Le Figaro, avait été adressé à la fin de l'année 2007 à Bernard Kouchner et à Éric Woerth, déclancheant cet insolite "plan social". Le premier président de la Cour, Philippe Séguin, s'y inquiètait des "conditions dans lesquelles le ministre des Affaires étrangères est conduit à laisser sans activité définie pendant un délai supérieur à quelques mois un haut fonctionnaire sans affectation adéquate".
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C'était le bon temps : Georges de Selve, ambassadeur de France en 1540, en compagnie de Jean de Dinteville. Par Hans Holbein le Jeune (National Gallery, Londres).
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Ainsi, 127 diplomates pouvant occuper la fonction d'ambassadeur étaient employés en 2006 à des tâches bien inférieures, soit un diplomate sur quatre. Ces dignitaires font donc les cent pas sans dignité dans le "couloir de la mort" (l'étage de l'immeuble de la rue Lapérouse, qui accueille les ambassadeurs en mission, explique Le Figaro). Sans dignité peut être, mais en percevant un salaire à la hauteur de leur grade.
Difficile en effet de persuader un diplomate élevé à la dignité d'ambassadeur de France à se reconvertir. Comme l'explique ce haut fonctionnaire cité par le quotidien : "Ce sont les notes de frais, les indemnités aux deux tiers défiscalisées, le train de vie d'un poste à l'étranger qui font trop souvent le sel du métier, raconte un haut fonctionnaire. À Paris, leur traitement est de 30 % inférieur à celui de la haute fonction publique. Cela n'incite pas les ambassadeurs à chercher une reconversion en France ou à accepter une deuxième carrière."
Mais c'est "cela" qui a incité la Cour des Comptes à mettre les ambassadeurs dans son collimateur : "La Cour estime que pour autant qu'elle soit justifiée, la rémunération des hauts fonctionnaires sans affectation ou volontairement sous-employés de façon prolongée, n'est pas acceptable. Elle est coûteuse et fâcheuse sur la gestion des ressources humaines. En outre, elle déroge aux principes et droit de la fonction publique", écrit ainsi Philippe Séguin.
En janvier 2008, le ministre du Budget Eric Woerth a répondu à Philippe Séguin qu'il partageait "les constats de la Cour et (approuvait) la nécessité de procéder à un resserrement des effectifs". Autrement dit à vider le "couloir de la mort" de ses occupants.
Mais faut-il les attirer vers la sortie en agitant une carotte payée par l'argent du contribuable? Sans doute que oui. Après tout, ces gens incarnent la République Française...

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