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Guerre du gaz : la Russie risque d’être le grand perdant

Publié par Tessa Ivascu. | jeudi, janvier 08, 2009 | , | 1 commentaires

Depuis hier, l'Europe ne reçoit plus une goutte de gaz russe via l'Ukraine. Certes, la Russie semble la plus forte dans ce bras de fer en pleine vague de froid. En réalité, le pays de Vladimir Poutine est dans une position beaucoup plus précaire qu’il n’en a l’air : s’il cesse d’approvisionner l’Europe, il risque la faillite.

L'approvisionnement du gazoduc Droujba (Amitié) qui fournit les Vingt-Sept, à hauteur d'environ un cinquième de leur consommation, ainsi qu'une huitaine de pays des Balkans, est totalement interrompu depuis hier matin.

Le robinet est fermé. Point de transit du gaz près de Boyarka, Ukraine. AFP/GETTY

Suite de l'article Une réunion entre les représentants du russe Gazprom, de l’ukrainien Naftogaz, des gouvernements russe et ukrainien ainsi que de l’Union européenne se tient aujourd’hui à Bruxelles pour préparer la reprise des livraisons aux Vingt-Sept. Mais ce qui semble être une démonstration de la capacité du Kremlin de prendre l’Europe en otage n’est qu’un signe de sa faiblesse, voire un acte désespéré. Si l’Europe dépend de la Russie pour son gaz à différents degrés (de 100% pour la Finlande et la Slovaquie à 3% pour la Grande-Bretagne), la dépendance de la Russie des revenus du gaz est, elle, indiscutable. En 2008, Gazprom a fourni 20% du budget central de la Russie (90 milliards de dollars). Handicapé par des structures qui tombent en ruine, le pays peine à exploiter ses réserves. Aucune nation n’a envie de remplacer l’Europe comme client principal. Et la baisse du prix du pétrole précarise les finances russes jour après jour. Or la valeur du gaz suit la courbe du prix du pétrole avec un délai de 6 mois environ. Actuellement, le prix du gaz est élevé, reflet du pic de 147 dollars le baril de pétrole de juillet dernier. Mais il risque de s’effondrer bientôt, imitant la chute constante de la valeur du pétrole depuis l’été dernier. La Russie veut forcer l’Ukraine à signer un accord d’export pour 2009 avant que ce moment n’arrive. L’Ukraine, de son côté, a tout intérêt à traîner les pieds. Elle refuse de payer plus de 250 dollars les 1 000 m3 et sait que la chute imminente du prix du gaz renforcera sa position dans les négociations. La Russie ne peut donc pas prolonger le bras de fer et suspendre la fourniture en gaz de l’Europe. Si elle le fait, elle risque la faillite nationale.

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  1. alsaid abdalhak // 24 mars 2016 à 00:21